J’ai tué ma mère Le fils Le fils, la mère Recueil, p. 52 Je m’excuse de te réveiller ma petite maman d’amour. Maman, je tellement content de te voir, il faut qu’on parle, il faut qu’on parle ; j’ai envie qu’on parle. J’étais dans le métro et j’ai réalisé. Si on mettait bout à bout chaque petite chose que j’avais envie de te dire mais que je ne t’ai pas dite parce que ci parce que ça, tu sais que je ne suis pas une personne vraiment bavarde, vraiment porté sur le dialogue, mais là là, je me suis dit s’il fallait que je colle toutes les unes derrière les autres j’en aurais pour cent ans, cent ans putain ! J’étais dans le métro et je pensais tellement à toi et puis il avait des graffiti et puis toutes ces couleurs c’était beau, c’était tellement beau ! Et je regardais ça là et je me disais il faut qu’on parle, il faut absolument qu’on parle. Parce que parfois je t’entends dire oh on ne parle pas, on ne parle pas mais moi aussi je pense ça, moi aussi je suis d’accord ! et puis je me dis que si jamais je ne te le dis pas maintenant, sii je ne te le dis pas maintenant, ça va venir me tarauder dans la tombe ! parce que quand on ne dit pas, après ça vient nous chercher dans la tombe, il y a une petite voix qui dit « tiens tu l’a pas dit ?! Tu aurais dû dire !!» -Est-ce que tu aurais pris de la drogue ? oh mon dieu… -Non mais ce n’est pas grave ! l’important…l’important…l’important c’est qu’ on soit ensemble ! Tu comprends ? et c’est ça qui compte. Et puis tout le reste…on est bien. Je t’aime ! je t’aime